Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool F10
Prise en charge en médecine générale

traitement des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool à l'intention du médecin généraliste diagnostic des troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • L'alcoolisme est considéré comme une maladie, avec de graves conséquences sur la santé physique, mentale, et la vie même du patient.
  • Pour les patients souffrant d'une dépendance à l'alcool, l'abstinence alcoolique est le but premier. Comme une abstinence précipitée peut provoquer des symptômes de sevrage, un suivi médical est nécessaire.
  • Dans les cas de consommation sans dépendance, le contrôle ou la réduction de la consommation est un objectif raisonnable.
  • L'arrêt ou la réduction de la consommation d'alcool permettra de nettes et nécessaires améliorations mentales et physiques.
  • Les rechutes sont fréquentes. Le contrôle ou l'arrêt de la consommation d'alcool nécessitent souvent plusieurs tentatives.
  • La consommation d'alcool au cours de la grossesse est extrêmement dangereuse pour le bébé.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Si les patients veulent mettre un terme à leur consommation immédiatement :
    • Fixez un jour ferme pour l'arrêt de la consommation et encouragez-les à tenir un journal.
    • Discutez de stratégies pour éviter les situations à haut-risque (bar, soirée entre amis, événements stressants...) ou pour savoir y faire face.
    • Repérez les membres de la famille ou les amis qui soutiendront l'abstinence.
  • Si la réduction de la consommation alcoolique est un objectif raisonnable :
    • Négociez un objectif clair pour réduire la consommation (par exemple : pas plus de deux verres par jour ; deux jours sans alcool par semaine).
    • Discutez de stratégies pour éviter les situations à haut-risque ou pour savoir y faire face.
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    • La tenue d'un journal où le patient relèvera ses consommations peut être utile pour le suivi.
  • Si les patients ne veulent pas arrêter ou réduire la consommation dans l'immédiat :
    • Ne les rejetez pas, ne les blâmez pas.
    • Faites-leur observer de manière claire les problèmes médicaux et sociaux provoqués par l'alcool.
    • Prévoyez un nouveau rendez-vous pour rediscuter de ce problème.
    • Vous pouvez vous aider des techniques de l'entretien motivationnel.
  • Si les patients ne réussissent pas ou rechutent :
    • Repérez toute réussite et soulignez son importance.
    • Discutez des situations qui ont provoqué la rechute.
    • Reprenez les étapes précédentes énoncées ci-dessus.
  • Les associations d'entraide2 (par exemple : Alcooliques anonymes) peuvent être des alliés précieux pour atteindre et maintenir l'abstinence.

Traitement

  • Le traitement du sevrage associe une réhydratation, une vitaminothérapie B1 et un traitement sédatif (diazépam ou oxazépam en cas d'insuffisance hépatique).
  • L'éventualité d'un traitement antidépresseur ne sera envisagée qu'au décours d'un sevrage3.
  • Le traitement peut se faire en ambulatoire pour les patients sans complications somatiques, motivés et soutenus par l'entourage.
  • L'acamprosate et la naltrexone peuvent aider à maintenir l'abstinence.

Consultation spécialisée

  • Une hospitalisation en unité d'alcoologie permettra d'effectuer un bilan somatique, d'isoler le patient de toute tentation et de l'inscrire dans un protocole de soins.

Ce qu'un médecin pourrait dire à une personne souffrant de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool.

Références et liens

2 Alcooliques Anonymes :
alcooliques-anonymes.frp

3 Recommandations adultes de l'Afssaps : Bon usage des médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de l'adulte :
http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/4541761eb43e6042b30470ef558862b4.pdf