Troubles psychotiques chroniques /
Schizophrénie F20-F29
Prise en charge en médecine générale

traitement des troubles psychotiques chroniques / schizophrénie à l'intention du médecin généraliste diagnostic des troubles psychotiques chroniques / schizophrénie à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • Le discours et les comportements étranges peuvent être les symptômes d'une pathologie neuropsychiatrique, dans ce cas le patient n'est pas responsable de son discours et de ses comportements.
  • Les symptômes peuvent apparaitre et disparaitre au fil du temps. Il faudra s'attendre à des rechutes et apprendre à les anticiper.
  • Les médicaments occupent une place importante dans le traitement ; ils atténueront les difficultés quotidiennes et préviendront les rechutes.
  • Le soutien familial est important pour que le patient accepte le traitement et pour que sa réhabilitation soit efficace.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Evaluez et assurez la sécurité du patient et des personnes qui prennent soin de lui.
  • Réduisez au minimum le stress et la stimulation :
     - Ne contestez pas les pensées psychotiques (vous pouvez ne pas être d'accord avec les croyances du patient mais vous ne devez pas essayer de le convaincre) : c'est le plus souvent inutile (le patient croit fermement et vit réellement son délire) et perçu comme agressif ou déstabilisant par le patient.
     - Evitez la confrontation ou la critique, à moins que cela ne soit nécessaire pour éviter une dangerosité.
     - Exprimez vous de manière claire et concise, ne vous engagez pas dans des argumentations complexes qui risquent de perturber le patient.
  • Envisagez un plan thérapeutique avec le patient et ses proches et assurez-vous de leur soutien.
  • Expliquez que les médicaments préviendront les rechutes et informez le patient et son entourage des effets secondaires possibles.
  • Surveiller l'absence de consommation de drogues, et avertissez le patient qu'elles constituent un important facteur d'aggravation et de rechutes des symptômes psychotiques.
  • Encouragez le patient à respecter les normes et les codes sociaux (tenue, apparence, comportement).
  • Le patient devrait être autorisé à poursuivre ses activités professionnelles ou autres à un niveau raisonnable. Gardez cependant à l'esprit que des excès peuvent être préjudiciables.
  • Abordez avec les proches le sujet de la gestion des affaires juridiques et financières, et la possibilité d'un transfert de compétence1.
  • Abordez avec le patient et ses proches la surveillance des signes de rechute (prévention des rechutes), de l'état thymique et des idées suicidaires.
  • Donnez au patient et à sa famille les coordonnées des urgences et des structures psychiatriques locales en cas de décompensation.
  • L'élaboration de techniques de résolution de problèmes et l'entraînement aux compétences sociales avec le patient peuvent être une aide utile.

Traitement

  • Une agitation qui serait dangereuse pour le patient, sa famille ou la société nécessite une surveillance étroite ou une hospitalisation, éventuellement sans le consentement du patient2.
  • Des médicaments antipsychotiques soulageront l'agitation, les hallucinations et les idées délirantes. La dose devra être la plus faible possible, à condition qu'elle soulage les symptômes. Toutefois, des doses élevées seront parfois nécessaires chez certains patients.
  • Informez le patient que la prise des médicaments de façon continue réduira les risques de rechute.
  • Si nécessaire, une médication antipsychotique injectable à action prolongée peut assurer une continuité du traitement et réduire les risques de rechutes.
  • Informez le patient sur les effets secondaires possibles. Parmi les effets secondaires moteurs fréquents, on observe :
    • Les symptômes parkinsoniens (tremblements, akinésie, rigidité...) et les dyskinésies qui peuvent être maîtrisés par une prise orale de correcteurs anticholinergiques ou de benzodiazépines, et les dystonies aiguës ou les spasmes qui peuvent être traités avec les formes injectables.
    • L'akathisie (besoin irrépressible de bouger, difficultés à rester assis) qui peut être traitée par une réduction de posologie ou l'association de bêtabloquants.
    • Les perturbations métaboliques : prise de poids, apparition de troubles glucidiques ou lipidiques, syndrome métabolique.
  • Les psychothérapies associent les Thérapies comportementales et cognitives, les thérapies de réadaptation psychosociale et la prise en charge institutionnelle.
  • L'électroconvulsivothérapie est utilisée avec succès dans les cas sévères ne répondant pas au traitement médicamenteux.

Consultation spécialisée

  • La prise en charge des troubles psychotiques chroniques doit être multidisciplinaire et concertée. Elle doit conjuguer l'action de nombreux intervenants (médicaux, paramédicaux, socio-éducatifs..) et investir de nombreuses structures (hôpitaux de jour, CMP, CAT...) .
  • Une consultation auprès des services hospitaliers peut permettre à la famille d'obtenir des aides pour la prise en charge et la réhabilitation du patient (prise en charge en secteur psychiatrique).

Ce qu'un médecin pourrait dire à une personne souffrant de schizophrénie, trouble schizotypique et troubles délirants.

Références et liens

1 Protection judicaire : Le handicap mental. Tutelle, curatelle, sauvegarde de justice (Polycopié national d'enseignement de psychiatrie):
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1096617712049&LANGUE=0

2 Hospitalisation à la demande d'un tiers et hospitalisation d'office :
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1071238804090&LANGUE=0

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N155.xhtml.