Troubles psychotiques aigus F23
Prise en charge en médecine générale

traitement des troubles psychotiques aigus à l'intention du médecin généraliste diagnostic des troubles psychotiques aigus à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • Des pensées et comportements étranges peuvent être les symptômes d'une pathologie neuropsychiatrique, dans ce cas le patient n'est pas responsable de son discours et de ses comportements.
  • Les épisodes aigus ont souvent un bon pronostic. La plupart du temps, ils disparaissent sans séquelles au bout d'un mois de traitement.
  • L'épisode peut révéler une fragilité psychique, parfois à caractère familial. Il est difficile de prévoir le déroulement à long-terme ; le patient garde un risque de rechute et devra éviter les facteurs aggravants (cannabis, drogues, stress psychologiques intenses...).
  • Le traitement utilise les neuroleptiques pour une durée de 6 à 12 mois. La poursuite du traitement après la disparition des symptômes est nécessaire pour éviter les rechutes.
  • Le diagnostique de schizophrénie ne sera évoqué qu'en cas de troubles évoluant depuis plus de 6 mois.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Evaluez et assurez la sécurité du patient et des personnes qui prennent soin de lui, pensez à évaluez le risque suicidaire.
    • Il est préférable que des proches restent avec le patient.
    • Les besoins élémentaires (hydratation, alimentation) du patient doivent être satisfaits.
  • Réduisez au minimum le stress et la stimulation :
    • Ne contestez pas les pensées psychotiques (vous pouvez ne pas être d'accord avec les croyances du patient mais vous ne devez pas essayer de le convaincre) : c'est le plus souvent inutile (le patient croit fermement et vit réellement son délire) et perçu comme agressif ou déstabilisant par le patient.
    • Evitez la confrontation ou la critique, à moins que cela ne soit nécessaire pour éviter une dangerosité.
    • Exprimez vous de manière claire et concise, ne vous engagez pas dans des argumentations complexes qui risquent de perturber le patient.
  • Une symptomatologie qui serait dangereuse pour le patient, sa famille ou la société nécessite une surveillance étroite en milieu spécialisé. Si le patient refuse l'hospitalisation, envisagez une hospitalisation sous contrainte 1.
  • Abordez avec les proches le sujet de la gestion des affaires juridiques et financières, et la possibilité d'une mise sous sauvegarde de justice2.
  • Encouragez la reprise des activités après l'amélioration des symptômes.
  • Abordez avec les proches la surveillance des signes de rechute, de l'état thymique et des idées suicidaires.
  • Donnez au patient et à sa famille les coordonnées des urgences et des structures psychiatriques locales en cas de décompensation.

Traitement

  • Les médicaments antipsychotiques réduiront l'agitation, les hallucinations et les idées délirantes.
  • La dose devra être la plus faible possible, à condition qu'elle soulage les symptômes. Toutefois, des doses parfois élevées seront nécessaires chez certains patients.
  • Des anxiolytiques peuvent également être associés aux neuroleptiques en début de traitement afin de maîtriser une agitation.
  • Le traitement sera poursuivi pendant plusieurs mois après la disparition des symptômes puis arrêté progressivement, en l'absence de symptômes résiduels.
  • Surveillez et avertissez le patient de la survenue possible d'effets secondaires :
    • Les dystonies aiguës, les dyskinésies et les symptômes extrapyramidaux importants (raideurs, tremblements, akinésie) peuvent être traités avec des benzodiazépines ou des correcteurs anticholinergiques. Un usage routinier n'est pas nécessaire.
    • L'akathisie (besoin irrépressible de bouger, difficultés à rester assis) peut être traitée par une réduction de posologie ou des bêtabloquants.
    • Des perturbations métaboliques, une prise de poids, voire un syndrome métabolique peuvent survenir et nécessitent l'instauration de règles hygièno-diététiques et une concertation avec le psychiatre pour la poursuite du traitement.
    • En cas d'effets secondaires moteurs graves ou d'apparition d'un tableau associant fièvre, rigidité musculaires et troubles neurovégétatifs, pensez à évoquer un syndrome malin des neuroleptiques.

Consultation spécialisée

  • Organisez une consultation spécialisée pour chaque nouveau cas de troubles psychotiques. Il peut être préférable que vous preniez vous même rendez-vous en présence de la famille.

Ce qu'un médecin pourrait dire à une personne souffrant de troubles psychotiques aigus.

Références et liens

1 Hospitalisation à la demande d'un tiers et hospitalisation d'office :
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1071238804090&LANGUE=0.

2 Protection judicaire :
Le handicap mental. Tutelle, curatelle, sauvegarde de justice (Polycopié national d'enseignement de psychiatrie):
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1096617712049&LANGUE=0.

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N155.xhtml.