Trouble affectif bipolaire
(psychose maniaco-dépressive) F31
Prise en charge en médecine générale

traitement du trouble affectif bipolaire à l'intention du médecin généraliste diagnostic du trouble affectif bipolaire à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • Les modifications inexpliquées de l'humeur et du comportement peuvent être les signes d'un trouble bipolaire.
  • Les traitements sont efficaces mais s'envisagent sur le long-terme, à cause d'un risque élevé de rechutes.
  • S'ils ne sont pas traités, les épisodes maniaques, bien que parfois perçus comme agréables par le patient, peuvent devenir dangereux. Les épisodes maniaques entraînent souvent une perte d'emploi, des problèmes légaux et financiers et un comportement sexuel à risque.
  • Il existe une susceptibilité familiale aux troubles bipolaires.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Au cours des phases dépressives et maniaques, envisagez le risque suicidaire.
    • Le patient pense-t-il à la mort ou au suicide ?
    • Le patient a-t-il élaboré un plan suicidaire ?
    • A-t-il déjà fait des tentatives de suicide dans le passé ?
    • Le patient est-il sûr de ne pas céder à des pulsions suicidaires ?
    • Une surveillance étroite du patient par des membres de la famille ou des amis peut être nécessaire. Interrogez son entourage sur les risques de passage à l'acte.
  • Au cours des périodes maniaques :
    • Evitez la confrontation à moins que cela ne soit nécessaire pour prévenir des gestes nuisibles ou dangereux.
    • N'oubliez pas que les patients en phase maniaque ont des émotions extrêmement fluctuantes (passage rapide de l'euphorie à la frustration, de l'amabilité à l'agressivité...) et peuvent changer rapidement d'avis et de comportements.
    • Exprimez vous de manière claire et concise, ne vous engagez pas dans des argumentations complexes qui risquent de perturber le patient.
    • Pensez à assurer la sécurité du patient et de ses proches.
    • Une surveillance étroite par des membres de la famille est souvent nécessaire.
    • Une hospitalisation, si nécessaire sous contrainte1, sera la plupart du temps envisagée pour assurer la sécurité du patient et mettre en place un traitement. Les formes hypomanes peuvent être traitées en ambulatoire si l'entourage est suffisamment soutenant.
  • Au cours des phases dépressives : consultez la section Dépression.
  • Pensez à évaluer les conséquences financières et juridiques des comportements à risque. Un transfert de compétence peut être nécessaire2.
  • La technique de résolution de problèmes peut aider à gérer les problèmes de vie et à diminuer les stress.
  • Après l'amélioration de l'épisode, avertissez le patient et ses poches des signes pouvant précéder une rechute, sur un versant maniaque ou dépressif (prévention des rechutes). La réapparition de symptômes nécessite un suivi rapproché et une adaptation thérapeutique.

Traitement

  • Pensez à réévaluez les pathologies (infections, troubles métaboliques...) ou les traitements pouvant entraîner ou aggraver les symptômes maniaques.
  • Pensez à évaluer les conséquences éventuelles de l'excitation psycho-motrice (déshydratation, anorexie, rupture thérapeutique) et des comportements à risque (sexuels et addictifs en particulier).
  • Les thymorégulateurs permettent de traiter les épisodes maniaques et dépressifs et préviennent les rechutes. Ces traitements incluent le lithium, la carbamazépine, le divalproate et certains neuroleptiques (olanzapine, aripripazole).
  • Les antidépresseurs sont parfois nécessaires au cours des épisodes dépressifs mais ils peuvent aussi déclencher des épisodes maniaques (" virage maniaque ") chez les patients bipolaires ; en cas de prescription il faut donc vérifier que le patient soit préalablement traité par un thymorégulateur et adopter une surveillance stricte et rapprochée.
  • En cas d'agitation aigue, les antipsychotiques peuvent être utilisés. Des benzodiazépines peuvent être associées si besoin.
  • L'électroconvulsivothérapie est utilisée avec succès dans les cas sévères, urgents, ne répondant pas au traitement médicamenteux.

Consultation spécialisée

  • Envisagez une consultation spécialisée en cas de symptomatologie sévère ou persistante malgré les conseils énoncés ci-dessus.

Ce qu'un médecin pourrait dire à un patient souffrant de troubles affectifs bipolaires.

Références et liens

1 Hospitalisation à la demande d'un tiers et hospitalisation d'office :
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1071238804090&am;LANGUE=0

2 Le handicap mental. Tutelle, curatelle, sauvegarde de justice :
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1096617712049&LANGUE=0

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N155.xhtml.