Dépression F32
Prise en charge en médecine générale

traitement de la dépression à l'intention du médecin généraliste diagnostic de la dépression à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • La dépression est une pathologie complexe, liée au terrain familial, psychologique et à l'environnement du patient.
  • La dépression est une maladie fréquente et peut être traitée efficacement.
  • La dépression n'est pas un signe de faiblesse ou de paresse ; les patients font en général de leur mieux pour la surmonter.
  • Les pensées négatives (pessimisme, auto dévalorisation, sentiment de culpabilité) sont dues à la dépression et disparaîtront avec elle.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Abordez la question du risque suicidaire. Le patient a-t-il déjà parlé de la mort ou du suicide ? Le patient a-t-il un plan suicidaire ? A-t-il déjà fait des tentatives de suicide sérieuses dans le passé ? Le patient est-il sûr de ne pas céder à des pulsions suicidaires ? Interrogez son entourage sur les risques de passage à l'acte. Une surveillance étroite par les proches ou une hospitalisation (si besoin sous contrainte), peut être nécessaire.
  • Abordez la question de l'hygiène de vie : activité physique régulière, alimentation équilibrée, hygiène du sommeil, arrêt ou modération des stimulants (café, thé...) et des toxiques (alcool, cannabis...).
  • La relaxation peut avoir des effets bénéfiques sur les symptômes dépressifs.
  • Planifiez des activités dans lesquelles le patient retrouvera plaisir et confiance en soi (organisation d'activité).
  • Encouragez le patient à résister au pessimisme et à l'autocritique ; dites lui de ne pas agir pas selon des idées pessimistes (par exemple : séparation conjugale, démission) et de ne pas focaliser sur des pensées négatives ou culpabilisantes (thérapie cognitive).
  • Repérez les problèmes de la vie courante ou les stress sociaux du patient. Insistez sur de petites initiatives que le patient pourrait prendre pour régler ces problèmes ou mieux les gérer. Le patient doit éviter les grandes décisions ou les changements de vie pendant la durée de l'épisode dépressif. Appliquez une méthode structurée de résolution des problèmes.
  • Si vous observez des symptômes physiques, discutez des liens entre les symptômes physiques et la dépression (consultez la section sur les Troubles somatoformes inexpliqués).
  • Assurez-vous de l'entourage et du soutien de ses proches.

Traitement

  • Traitements antidépresseurs : recommandations de l'Afssaps : vous pouvez avoir recours aux antidépresseurs si le patient présente les critères cliniques d'un épisode dépressif majeur selon le DSM-IV-TR1.
  • Pour les formes légères, les antidépresseurs ne sont pas recommandés, privilégiez l'hygiène de vie, la relaxation et les psychothérapies.
  • En cas de prescription d'antidépresseurs, expliquez au patient que :

    • Les médicaments doivent être pris tous les jours.
    • Ils n'entraînent pas de dépendance mais ne doivent pas être arrêtés brutalement ; le traitement doit être interrompu uniquement sur avis médical en réduisant progressivement les doses pour éviter tout symptôme de sevrage.
    • Les effets ne sont pas immédiats : les premiers effets se font sentir au bout de 2 à 3 semaines (amélioration du sommeil et de l'anxiété), l'amélioration de l'humeur n'arrive qu'au bout de 4 à 6 semaines.
    • Des effets secondaires modérés peuvent apparaître mais disparaissent généralement en 7 à 10 jours.
    • La prise d'antidépresseurs doit continuer au moins 5 mois après l'amélioration des symptômes (traitement sur 6 mois), parfois plus dans le cadre de troubles dépressifs récurrents, pour éviter les rechutes.
    • L'arrêt du traitement ne s'envisagera qu'en l'absence de symptômes résiduels.
  • Pensez à réévaluer les prescriptions et les comorbidités pouvant aggraver le syndrome dépressif.
  • Programmez à l'avance les consultations ultérieures et donnez au patient et à ses proches des coordonnées en cas d'urgence (en particulier en cas de survenues d'idées suicidaires). Le rythme des consultations dépendra de la gravité des symptômes et de la volonté du patient ; il est souhaitable qu'elles soient rapprochées en début de traitement (rythme hebdomadaire).
  • Après l'amélioration de l'épisode dépressif, avertissez le patient des signes pouvant précéder une rechute et envisagez avec lui une conduite à tenir face à ces signes (prévention des rechutes). En cas de rechute avérée, il est recommandé de reconduire la prescription de l'antidépresseur utilisé pour l'épisode précédent s'il s'est montré efficace.
  • Les anxiolytiques et les hypnotiques ne seront pas prescrits de manière systématique en début de traitement, mais peuvent être envisagé en cas d'insomnie ou symptômes anxieux associés invalidants, en respectant les durées de prescription.

Consultation spécialisée

  • Envisagez une consultation spécialisée si le patient présente :

    • des risques suicidaires ou un danger vis-à-vis d'autrui.

    • des symptômes psychotiques associés.
    • un trouble bipolaire ou des troubles dépressifs récurrents.
  • Les psychothérapies peuvent être utiles dans le cadre du traitement de l'épisode ou pour prévenir les rechutes (thérapie comportementale et cognitive, thérapie interpersonnelle).
  • La photothérapie peut être utilisée dans le cadre de dépressions saisonnières.
  • L'électroconvulsivothérapie est utilisée avec succès dans les dépressions sévères ne répondant pas au traitement médicamenteux.

Ce qu'un médecin pourrait dire au(x) parent(s) d'un enfant souffrant de Dépression.

Cas particuliers

Dépression du sujet âgé :

  • Clinique :

    • Dépressions souvent plus sévères, le patient pouvant être fragilisé par des épisodes dépressifs antérieurs et souffrir de conditions de vie plus difficiles (isolement, difficultés économiques, handicap...).
    • Ralentissement psychomoteur, repli social et déficits cognitifs au premier plan ; parfois absence de plainte thymique.
    • Comorbidités fréquentes avec certaines pathologies aux conséquences psychiatriques : démence, pathologies cardiovasculaires, néoplasiques ou inflammatoires...
    • Pensez à évaluer le risque suicidaire, majeur dans cette population.
  • Thérapeutique :

    • Le traitement sera adapté à l'âge, aux prescriptions antérieures et aux comorbidités du patient en tenant compte des associations médicamenteuses.
    • Utiliser préférentiellement des antidépresseurs à faibles effets anticholinergiques1.
    • Surveiller l'apparition des effets secondaires (hypotension orthostatique, saignements, hyponatrémie,...)
    • L'amélioration thymique est en général plus tardive que chez le sujet jeune : 6 à 8 semaines.
    • S'assurer de l'entourage des proches.
    • Une psychothérapie peut toujours être envisagée, quel que soit l'âge du patient.

Dépression de l'adolescent :

  • Clinique :

    • L'anxiété, les troubles du comportement et les conduites à risque sont souvent au premier plan ; parfois absence de plainte thymique.
    • Pensez à évaluer le risque suicidaire, majeur dans cette population.
  • Thérapeutique :

    • La psychothérapie reste le traitement de première intention.
    • Les antidépresseurs ne seront prescrits qu'en cas d'échec de celle-ci2. La prescription en période pré ou péri pubertaire doit être effectuée par un spécialiste.
    • Chez l'adulte jeune, les modalités sont identiques à celle de l'adulte en accordant une attention particulière au risque suicidaire.

Références et liens

1 Recommandations adultes de l'Afssaps : Bon usage des médicaments dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de l'adulte :
http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/4541761eb43e6042b30470ef558862b4.pdf

2 Recommandations enfants de l'Afssaps :
http://agmed.sante.gouv.fr/pdf/1/fiche-presse-atd-enfants.pdf

Hospitalisation à la demande d'un tiers et hospitalisation d'office :
http://www.univ-rouen.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1071238804090&LANGUE=0

Plan national dépression :
http://www.info-depression.fr/