Troubles du sommeil F51
Prise en charge en médecine générale

traitement des troubles somatoformes inexpliqués à l'intention du médecin généraliste diagnostic des troubles du sommeil à l'intention du médecin généraliste

Information importante pour le patient et sa famille

  • Les troubles du sommeil temporaires sont fréquents et bénins en cas de stress ou de pathologie.
  • Le temps de sommeil normal dépend de l'individu et de l'âge, et diminue avec ce dernier. Dormir six heures par nuit peut être normal ou suffisant, surtout chez les personnes âgées.
  • Les risques d'insomnie peuvent être accrus par l'inquiétude de ne pas réussir à s'endormir ou l'exagération par le patient des conséquences de l'insomnie. Il faut savoir qu'un sommeil perçu comme très perturbé par le patient, ne présente en général que peu de perturbations objectives, et reste suffisant dans la plupart des cas. Il est donc préférable que le patient ne se focalise par sur ses troubles du sommeil et leurs conséquences, pour ne pas les aggraver.
  • Améliorer l'hygiène de sommeil (sans recourir à des somnifères) est le meilleur des traitements.
  • La prise d'alcool peut aider à s'endormir mais le sommeil lui succédant ne sera pas réparateur, de plus l'alcool entretient l'insomnie. Les stimulants (café, thé) peuvent aussi être à l'origine des insomnies ou les aggraver.
  • La prise de somnifères, en désorganisant l'architecture du sommeil, peut pérenniser les insomnies, de plus leurs effets s'épuisent au bout de quelques semaines. Leur usage est donc obligatoirement réservé à une utilisation ponctuelle.

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Appliquez les règles d'hygiène de sommeil :
    • Veuillez à ce que votre chambre à coucher soit propice au sommeil : température ambiante autour de 20°c, faible niveau sonore et luminosité nocturnes, literie convenable, absence d'objets stimulants (TV, jeux vidéo...).
    • L'activité physique est bénéfique pendant la journée, mais pratiquée en fin de journée, peut gêner l'endormissement. Le soir, préférez donc des activités apaisantes et évitez les excitantes (télévision, activités professionnelles ou ludiques...).
    • Prenez l'habitude de vous coucher et de vous lever aux heures qui conviennent à votre rythme de sommeil; essayez de ne pas modifier ces habitudes et de ne pas dormir trop tard le week-end.
    • Les excitants (café, thé, tabac...) peuvent être consommés le matin avec modération, mais il est préférable de ne plus en consommer à partir du début d'après-midi ; le soir préférez les repas légers et les tisanes.
  • Appliquez les principes des thérapies cognitivo-comportementales du sommeil, en cas d'insomnie chronique :
    • Corrigez les idées erronées à propos du sommeil, qui entretiennent l'insomnie, par exemple :
      " Il faut absolument que je dorme tant d'heures " : il ne faut pas s'astreindre à obtenir une durée obligatoire de sommeil, la récupération des heures perdues se fera naturellement.
      " Si j'ai mal dormi, je ne suis capable de rien " : le patient ne doit pas dramatiser la mauvaise qualité de son sommeil et ses conséquences, qui sont en général objectivement modérées.
      " Les somnifères sont la solution à mes problèmes de sommeil " : ils ne sont qu'une solution transitoire, en réalité, la thérapie consiste à lutter contre le conditionnement pathologique du patient vis-à-vis de son sommeil, à l'origine des difficultés d'endormissement.
  • Pratiquez des exercices de relaxation en début de soirée.
  • Si vous n'arrivez pas à vous endormir après 20 minutes, levez-vous et réessayez plus tard, une fois que vous vous sentez somnolent ; évitez d'allonger le temps passé au lit pour compenser l'insomnie ou par désoeuvrement (personne âgée).
  • Levez-vous à une heure normale même si les nuits précédentes ont été mauvaises, pour ne pas décaler votre rythme de sommeil.
  • Evitez de faire des siestes pendant la journée car elles peuvent perturber le sommeil de la nuit suivante.
  • La tenue d'un cahier du sommeil où le patient consigne les horaires et la qualité du sommeil peut être utile pour le suivi.
  • Les effets de cette thérapie s'envisagent à moyen terme (quelques semaines).

Traitement

  • Soignez toute pathologie psychiatrique ou organique sous-jacente.
  • Adaptez si nécessaire les traitements médicamenteux.
  • Le traitement de l'insomnie chronique repose principalement sur la mise en application des principes d'hygiène de sommeil et des mesures de thérapies cognitivo-comportementales du sommeil.
  • Les hypnotiques peuvent être utilisés ponctuellement. Toutefois, ils ne doivent pas être employés de façon régulière pendant plus de 14 jours car leur effet diminue et les patients peuvent en devenir dépendants. Prévenez le patient d'un probable effet rebond (retour des troubles) lors de l'arrêt du traitement.
  • Il est préférable d'éviter d'utiliser les anxiolytiques comme somnifères, en effet ils perturbent plus l'architecture du sommeil que ne le font les hypnotiques.

Consultation spécialisée

  • Envisagez une consultation en psychiatrie en cas de pathologie psychiatrique associée.
  • Envisagez une consultation en pneumologie en cas de syndrome d'apnées du sommeil.
  • Envisagez une consultation en neurologie en cas de syndrome d'impatience des membres inférieurs.
  • Envisagez une consultation en centre du sommeil si vous pensez que le patient souffre de troubles du sommeil plus complexes (par exemple : narcolepsie, hypersomnie idiopathique...).

Ce qu'un médecin pourrait dire à une personne souffrant de troubles du sommeil.